Suite à l'article précédent, voici un film montrant la situation actuelle en Indonésie. La forêt brûle et il ne pleut pas. Ca ne s'arrêtera pas si la communauté internationale n'intervient pas. Il y a urgence. Il faut sensibiliser les pouvoirs publics. Faites passer ce message. #stopthehaze
http://www.channelnewsasia.com/tv/tvshows/getreal-s14/heart-of-the-haze/2206108.html
Une herbe géante détruit les forêts tropicales !
Malheureusement pas le temps de dessiner pour cette note car il y a urgence : les forêts tropicales sont en feu !
Depuis plusieurs dizaines d'années, la consommation d'huile de palme augmente partout dans le monde. Cette huile, ou aussi graisse de palme, est massivement utilisée par l'industrie pour fabriquer biscuits, pâtes à tartiner, shampoings et autres produits de consommation courante. Cette huile provient du fruit d'un palmier, le fameux palmier à huile.
Les palmiers font partie de la même grande famille que les céréales, comme le blé ou le maïs. D'un point de vue botanique, les palmiers ne sont pas considérés comme des arbres mais comme des herbes géantes. Contrairement aux arbres, leur tronc ne peut pas s'épaissir et il n'est pas fait de bois, même si sa texture est très ressemblante. Le palmier peut donc grandir en hauteur mais pas en largeur.
C'est pour y planter ces palmiers que les sociétés de production d'huile de palme défrichent les forêts, en Indonésie et Malaisie notamment. Comment ? Tout simplement en y mettant le feu ! Ces incendies ne sont pas contrôlés et cette année, depuis le mois d'août, de 40.000 à 200.000 hectares de forêt Indonésienne sont déjà partis en fumée. En conséquence, une grande partie du Sud-Est asiatique est recouverte par un brouillard épais et toxique, entrainant de nombreux problèmes écologiques mais aussi sanitaires. C'est comme si la France et l'Angleterre étaient dans la fumée parce qu'on avait mis le feu à la Belgique. Difficile à croire n'est ce pas...
Les forêts tropicales, qui sont les plus anciennes et les plus grandes de la planète, font pleuvoir les nuages et régulent le climat. Leur disparition a donc une incidence mondiale. Sans elles, le rythme des saisons va changer pour entraîner des catastrophes climatiques plus grandes encore que celles que nous observons aujourd'hui.
Pour arrêter cela, il ne faut pas consommer de produits contenant d'huile de palme. C'est très simple à faire si vous pensez que ce combat est le votre : lisez les étiquettes des produits avant d'acheter et obligez vous à consommer uniquement des produits sans huile de palme.
Un peu de lecture et des photos sur le sujet pour mieux se rendre compte :
Pour arrêter cela, il ne faut pas consommer de produits contenant d'huile de palme. C'est très simple à faire si vous pensez que ce combat est le votre : lisez les étiquettes des produits avant d'acheter et obligez vous à consommer uniquement des produits sans huile de palme.
Un peu de lecture et des photos sur le sujet pour mieux se rendre compte :
Vue terrifiante des feux de forêts depuis des satellites spatiaux, plus de fumée (smoke) que de nuages... : http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=86681&src=fb
Un an sans huile de palme, le blog : http://vivresanshuiledepalme.blogspot.fr
Un article de presse : http://www.20minutes.fr/planete/1703361-20150922-incendies-culture-huile-palme-indonesie-sevit
Le message de Chanee : http://chaneekalaweit.blogspot.fr/2015/10/forest-fire-press-release-incendies.html
Une pétition, parce que ça ne prend qu'une minute : https://www.sauvonslaforet.org/petitions/1018?t=1263
Et pour la prochaine note, nous explorerons l'anatomie du fruit de ce palmier nommé Elaeis guineensis pour comprendre d'où vient cette huile tant convoitée...
Plongée souterraine à la rencontre des racines... et de leur "nez"!
C'est un monde encore
méconnu et pourtant si proche de nous. On pourrait penser qu'il ne s'y passe
grand chose et pourtant il grouille de vie. Il s'agit du sol, celui-là même sur
lequel nous marchons tous les jours. Insectes et micro-organismes en tous
genres y vivent, le transforment et le régénèrent. Les plantes aussi sont
importantes pour le sol car elles assurent sa stabilité et limitent l'érosion,
c'est à dire la dégradation par le vent ou la pluie. Elles y plongent leurs
racines pour s'ancrer et tenir debout mais aussi pour puiser les minéraux et
l'eau nécessaires à leur croissance.
Les racines se développent par la pointe, comme de longs fils qui s'étireraient par leur extrémité. Il faut savoir qu'elles peuvent se ramifier et former des racines secondaires produisant ainsi un réseau très complexe qui va explorer le sol à la recherche des ressources désirées. Comme cela est coûteux en énergie, la plante ne peut pas former des racines n'importe où et n'importe quand, au risque de ne plus avoir assez d'énergie pour produire des feuilles et donc fabriquer des sucres et autres éléments vitaux. Equilibre délicat à trouver... Alors comment savoir où et quand faire une racine?
Les racines se développent par la pointe, comme de longs fils qui s'étireraient par leur extrémité. Il faut savoir qu'elles peuvent se ramifier et former des racines secondaires produisant ainsi un réseau très complexe qui va explorer le sol à la recherche des ressources désirées. Comme cela est coûteux en énergie, la plante ne peut pas former des racines n'importe où et n'importe quand, au risque de ne plus avoir assez d'énergie pour produire des feuilles et donc fabriquer des sucres et autres éléments vitaux. Equilibre délicat à trouver... Alors comment savoir où et quand faire une racine?
Il a été montré récemment
à l'aide de l'imagerie aux rayons X (les mêmes que ceux utilisés pour faire des
radiographies chez l'Homme) que les plantes forment des racines principalement
là où l'eau est la plus disponible dans le sol. Par exemple, si l'on prend un
pot rempli de terre, que l'on fait un trou au milieu et que l'on fait germer
une graine au bord du trou, c'est à dire à l'interface entre la terre et l'air,
et bien les racines secondaires vont se développer principalement du côté de la
terre, celui qui est le plus humide.
Les chercheurs qui ont fait ce travail ont pu montrer que la position des racines secondaires est déterminée très tôt au niveau de la pointe de la racine principale. Il existe donc une sorte de "nez" très sensible situé à l'extrémité de la racine qui va "sentir" le sol et permettre de déterminer de quel côté se trouve l'eau.
Les chercheurs qui ont fait ce travail ont pu montrer que la position des racines secondaires est déterminée très tôt au niveau de la pointe de la racine principale. Il existe donc une sorte de "nez" très sensible situé à l'extrémité de la racine qui va "sentir" le sol et permettre de déterminer de quel côté se trouve l'eau.
Maintenant que l'on sait où la perception de l'humidité se fait, il reste à comprendre en détail comment cela fonctionne...
Source: Bao et al. (PNAS, vol. 111, 2014)
Dessins: Louise Joor
Des bousiers utilisent la voie lactée pour s'orienter!
Imaginez-vous
il y a quelques centaines d'années, en pleine mer, la nuit, au gouvernail d'un
bateau appelé Santa Maria... Comment
faites-vous pour trouver votre cap? Bien sûr, c'est connu, vous utilisez les
étoiles! La méthode a fait ses preuves, et c'est d'ailleurs ainsi que
Christophe Colomb a pu rallier aussi facilement les Indes depuis l'Espagne...
En revanche, il est moins connu que d'autres animaux utilisent aussi des indices du ciel pour s'orienter comme les oiseaux, les phoques et... le bousier! Comme son nom l'indique, le bousier est un insecte coprophile (il aime le caca) et coprophage (et il le mange). Il a la particularité de rouler des crottes en boule pour les transporter jusqu'à son terrier en les poussant à reculons avec ses pattes arrières! Pour s'orienter et retourner à son terrier après sa récolte, il utilise le soleil en journée ou encore la lune pendant la nuit. Malin, ça lui permet de rouler ses boules à toute heure! Mais qu'en est-il des nuits sans lune vous interrogez-vous...
Des scientifiques ont observé que les bousiers étaient aussi capables de s'orienter par des nuits sans lune, les conduisant à faire l'hypothèse qu'ils utilisent dans ce cas les étoiles comme repères visuels. (En effet, pour faire cette observation, il faut se trouver sur une bouse par une nuit sans lune... mais passons ce détail...)
En suivant les déplacement de bousiers "au champ", ils ont observé que les insectes se déplacent en ligne droite sous un ciel étoilé. Cependant, le chemin pris par le bousier s'allonge et devient irrégulier lorsque le ciel est couvert ou que l'insecte est coiffé d'un casque qui l'empêche de voir les étoiles. Tout ceci suggérant 1) que les étoiles sont probablement des repères importants pour les bousiers et 2) que ces scientifiques sont bien farcis.
Ces
expériences se sont poursuivies au laboratoire: les bousiers ont été placés
dans un planétarium sur la voute duquel a été projetée l'image d'un ciel étoilé
(n°1), d'une traînée diffuse de lumière représentant la Voie Lactée (n°2), de 4000
étoiles sans la Voie Lactée (n°3) ou d'un ciel noir (n°4). Alors que les
bousiers mettent en moyenne 40 secondes pour quitter le planétarium dans les
deux premiers cas, ce temps augmente à 60 secondes dans la situation n°3 et à
120 secondes dans le dernier cas!
Cette expérience a démontré pour la première fois l'utilisation d'étoiles par des insectes pour s'orienter, mais c'est aussi le premier exemple d'utilisation de la Voie Lactée au sein du règne animal! Ce que l'histoire ne dit pas, c'est s'il y avait des nuages quand Christophe Colomb a débarqué en Amérique...
Bon, et la prochaine fois, promis, on parle de plantes!
Source: Dacke et al. (Current Biology, vol. 23, 2013)
En revanche, il est moins connu que d'autres animaux utilisent aussi des indices du ciel pour s'orienter comme les oiseaux, les phoques et... le bousier! Comme son nom l'indique, le bousier est un insecte coprophile (il aime le caca) et coprophage (et il le mange). Il a la particularité de rouler des crottes en boule pour les transporter jusqu'à son terrier en les poussant à reculons avec ses pattes arrières! Pour s'orienter et retourner à son terrier après sa récolte, il utilise le soleil en journée ou encore la lune pendant la nuit. Malin, ça lui permet de rouler ses boules à toute heure! Mais qu'en est-il des nuits sans lune vous interrogez-vous...
Des scientifiques ont observé que les bousiers étaient aussi capables de s'orienter par des nuits sans lune, les conduisant à faire l'hypothèse qu'ils utilisent dans ce cas les étoiles comme repères visuels. (En effet, pour faire cette observation, il faut se trouver sur une bouse par une nuit sans lune... mais passons ce détail...)
En suivant les déplacement de bousiers "au champ", ils ont observé que les insectes se déplacent en ligne droite sous un ciel étoilé. Cependant, le chemin pris par le bousier s'allonge et devient irrégulier lorsque le ciel est couvert ou que l'insecte est coiffé d'un casque qui l'empêche de voir les étoiles. Tout ceci suggérant 1) que les étoiles sont probablement des repères importants pour les bousiers et 2) que ces scientifiques sont bien farcis.
Cette expérience a démontré pour la première fois l'utilisation d'étoiles par des insectes pour s'orienter, mais c'est aussi le premier exemple d'utilisation de la Voie Lactée au sein du règne animal! Ce que l'histoire ne dit pas, c'est s'il y avait des nuages quand Christophe Colomb a débarqué en Amérique...
Bon, et la prochaine fois, promis, on parle de plantes!
Source: Dacke et al. (Current Biology, vol. 23, 2013)
Dessins: Mobidic
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le point V!
Au détour d'un clic, je tombe sur une page internet vantant les mérites de certains légumes à se régénérer après avoir été
presque entièrement mangés: céleri, poireau, persil, laitue romaine, etc...
Serions-nous en présence de légumes magiques?
La réponse à cette énigme se trouve dans une zone méconnue et invisible à l'oeil nu: le point végétatif, ou point V pour les intimes! Le point végétatif est aussi connu sous le nom de méristème (gros mot adoré des scientifiques). Il représente un des principes élémentaires du fonctionnement des plantes.
La réponse à cette énigme se trouve dans une zone méconnue et invisible à l'oeil nu: le point végétatif, ou point V pour les intimes! Le point végétatif est aussi connu sous le nom de méristème (gros mot adoré des scientifiques). Il représente un des principes élémentaires du fonctionnement des plantes.
Pour expliquer cela, prenons comme exemple les arbres:
Un arbre est de façon générale constitué de branches et de feuilles
pour sa partie aérienne. Concentrons-nous sur les branches et observons
attentivement leurs extrémités. Là, se trouvent des feuilles plus petites que
les autres, empaquetées de façon très organisée. Et bien c’est au milieu de ces
feuilles, caché en leur centre, que se trouve le point végétatif. C'est une
sorte de petite usine très active où la plante est fabriquée, c'est là où la
tige grandit et où les nouvelles feuilles se forment.
Ingéniosité végétale, la plupart des
plantes n'ont pas un seul mais des dizaines, voire des centaines de points
végétatifs... On en trouve un à la base de chaque feuille par exemple, capable
lui aussi de former une tige et d'autres feuilles. Contrairement aux animaux,
les plantes jouissent ainsi de la capacité à grandir indéfiniment grâce à leurs
points végétatifs... à condition qu'ils soient en activité!
Revenons-en à nos salades et autres
légumes... Alors, la laitue, une plante magique? En fait, sa capacité à
repousser après avoir été mangée tient au fait que son unique point V (certains
sont moins chanceux que d'autres...) est situé tout à sa base, à la pointe
d'une tige très compacte, dans le fameux "coeur" de laitue.
Si celui-ci est gardé intact pendant la
phase critique d'épluchage, la salade restera en vie et, à condition de
l'arroser délicatement, continuera à produire des feuilles et à nourrir des hommes...
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